Se garer gratuitement en ville : tous les moments où la rue ne coûte rien
Par la rédaction d'Où se garer ? — vérifié le 25 septembre 2026
Dans les 15 villes que nous avons étudiées, la rue est gratuite la nuit et, presque partout, le dimanche et les jours fériés. Selon les villes s'ajoutent une pause de midi, quelques minutes offertes chaque jour ou des quartiers entiers sans horodateur. Août, en revanche, n'est plus un mois gratuit à Paris, Lyon ou Toulouse, et l'été rend certaines villes touristiques payantes sept jours sur sept.
Pourquoi les règles changent d'une ville à l'autre
Le stationnement payant n'est pas fixé par l'État : c'est le conseil municipal, ou l'intercommunalité compétente pour la mobilité, qui institue par délibération une redevance de stationnement. La loi l'autorise à moduler le barème selon la durée, la surface du véhicule ou son impact sur la pollution, et à prévoir une tranche gratuite pour une durée déterminée. Chaque ville choisit donc ses jours, ses horaires, ses zones et ses minutes offertes.
Depuis le 1er janvier 2018, le défaut de paiement n'est plus sanctionné par l'amende de 17 € : il donne lieu à un forfait de post-stationnement dont la collectivité fixe le montant, plafonné au prix de la durée maximale autorisée dans la zone. Le détail des montants et des recours est dans notre guide du forfait post-stationnement. Conséquence pratique : un créneau gratuit dans une ville ne dit rien de la ville voisine.
Le soir et la nuit : la gratuité la plus répandue
Aucune des 15 villes étudiées ne fait payer la rue la nuit. Ce qui varie, c'est l'heure à laquelle le paiement s'arrête :
- 18h en zones verte et orange à Annecy ;
- 18h30 à La Rochelle ;
- 19h dans la majorité des cas : Lyon, Bordeaux, Lille, Strasbourg, Rennes, Rouen, Montpellier, Nantes, et Nice depuis le 1er septembre 2026 (20h auparavant) ;
- 20h à Paris, dans le centre-ville de Toulouse, en zone verte à Angers et à Saint-Malo en juillet-août.
Le matin, le paiement reprend en général à 9h. Pour un dîner ou une soirée, se garer à 19h05 plutôt qu'à 18h50 évite de payer un quart d'heure, et à Paris, où le payant court jusqu'à 20h, un ticket pris le dimanche peut même couvrir d'avance la première plage payante du lundi.
Le dimanche et les jours fériés, avec trois exceptions
Le dimanche et les jours fériés sont gratuits dans les 15 villes en temps normal. Trois cas font exception :
- à Annecy, la zone rouge de l'hypercentre devient payante tous les jours, fériés compris, du 1er juillet au 31 août, tout comme les parkings de bord de lac ;
- à Saint-Malo, la voirie est payante sept jours sur sept d'avril à début novembre et en juillet-août : le dimanche n'est gratuit qu'en basse saison ;
- à Nantes, quelques rues autour du marché de Talensac restent payantes le dimanche de 9h à 13h.
À Angers, la gratuité du dimanche est affirmée partout mais aucune page officielle à jour ne l'écrit noir sur blanc : mieux vaut lire l'horodateur. À Paris, le dispositif « Paris Respire » ferme certaines voies aux voitures le dimanche, ce qui réduit l'offre ce jour-là.
La pause de midi : une spécificité de certaines villes
Six villes coupent le paiement entre 12h et 14h, au moins dans une partie de leurs zones :
- Rennes, dans ses zones rouge et verte ;
- Angers, en zones orange et verte ;
- La Rochelle, du lundi au samedi ;
- Annecy, en zones verte et orange (pas en zone rouge) ;
- Nantes, en zone jaune seulement : la zone rouge passe à tarif réduit (0,50 € l'heure) sans devenir gratuite ;
- Saint-Malo, hors juillet-août.
À l'inverse, Lyon, Lille, Bordeaux, Paris, Strasbourg, Toulouse, Montpellier, Nice et Rouen facturent sans interruption. Réflexe utile : vérifier sur l'horodateur si la plage affichée est « 9h-12h / 14h-19h » ou « 9h-19h ».
Les minutes offertes, souvent avec un ticket obligatoire
La tranche gratuite prévue par la loi prend des formes très différentes :
- 2 heures par jour à Nice depuis le 1er septembre 2026 ;
- 1 heure par jour en zone azur à Lille, 30 minutes en zone orange ;
- 30 minutes par jour sur toute place payante à Bordeaux, depuis le 3 août 2026 et sur toutes les zones de surface à Annecy depuis le 1er juillet 2026 ;
- 30 minutes par demi-journée dans les artères commerçantes de faubourg à Toulouse, et sur la voirie de Saint-Malo après inscription préalable ;
- 30 minutes en zone rouge à Montpellier, de 8h à 20h ;
- 15 minutes dans six rues « quart d'heure gratuit » à Rouen.
Le piège : ces minutes ne sont presque jamais automatiques. Il faut en général prendre un ticket à 0 € à l'horodateur ou dans l'application en saisissant sa plaque. À Nice, stationner sans ce ticket gratuit expose à un forfait de 25 €. Lyon, Paris, Rennes et Strasbourg n'offrent pas de minutes gratuites sur voirie.
Les rues hors zone payante
Le payant ne couvre pas toute la ville. À Lille, Lille-Sud et le Faubourg de Béthune n'ont pas de stationnement payant (plus de 45 000 places gratuites selon la Ville). À Bordeaux, les rues hors des boulevards sont gratuites, sauf à La Bastide et à Caudéran devant le Parc bordelais. À Nantes, l'open data recense environ 124 km d'emplacements gratuits hors des zones rouge et jaune. Rennes, Toulouse, La Rochelle et Saint-Malo laissent aussi gratuites les rues situées hors de leurs périmètres, parfois en zone bleue avec disque. Paris fait exception : toute la voirie y est payante.
Le samedi réserve aussi des surprises : la zone verte de Lille et la zone orange d'Annecy sont gratuites ce jour-là, alors que le centre reste payant.
Août : la fin d'une habitude
La gratuité estivale a largement disparu. Paris est payant « y compris au mois d'août » et ne l'offre plus depuis 2015. À Lyon, le mois d'août est payant pour les visiteurs depuis 2025, hors dimanches et 15 août. À Toulouse, le dernier communiqué officiel annonçant la gratuité du 1er au 15 août date de juillet 2022 : elle n'a pas été reconduite depuis. Nantes est la seule des 15 villes à la maintenir, partiellement : la zone jaune est gratuite du 14 juillet au 15 août, la zone rouge reste payante. À Montpellier, l'office de tourisme évoque un mois d'août gratuit que la Ville ne confirme pas. Dans les villes touristiques, l'été fait même l'inverse : Annecy et Saint-Malo y étendent le payant.
Gratuit ne veut pas dire illimité
Un stationnement gratuit reste encadré. Le code de la route qualifie d'abusif le stationnement ininterrompu au même endroit au-delà de sept jours, ou d'une durée plus courte fixée par arrêté : à Bordeaux, la voirie gratuite du dimanche et de la nuit est limitée à 24 heures consécutives sur le même emplacement. Certains statuts ouvrent enfin une gratuité propre, comme la carte mobilité inclusion stationnement (voir notre guide du stationnement handicapé). Pour une journée entière en centre-ville, la solution reste souvent le parking relais avec un titre de transport.
Questions fréquentes
- Le stationnement est-il gratuit le dimanche partout en France ?
- Non. Aucune règle nationale ne l'impose : c'est la commune ou l'intercommunalité qui institue la redevance par délibération et fixe ses jours et horaires (article L2333-87 du CGCT). Dans les 15 villes étudiées, le dimanche est gratuit en temps normal, mais Annecy fait payer sa zone rouge tous les jours en juillet-août et Saint-Malo sa voirie sept jours sur sept d'avril à début novembre.
- Faut-il prendre un ticket pour les minutes gratuites ?
- Le plus souvent, oui. À Bordeaux, les 30 minutes quotidiennes s'obtiennent par un ticket gratuit à l'horodateur ou sur EasyPark avec la plaque. À Nice, il faut un ticket à 0 € (code 861) pour les 2 heures gratuites, faute de quoi un forfait de 25 € s'applique. À Saint-Malo, une inscription préalable est même nécessaire.
- Que risque-t-on si l'on oublie de payer pendant la plage payante ?
- Un forfait de post-stationnement (FPS), qui a remplacé l'amende de 17 € le 1er janvier 2018. Son montant est fixé par la collectivité et ne peut pas dépasser le prix de la durée maximale autorisée dans la zone. Il se règle dans un délai de 3 mois, et la somme déjà payée est déduite sous conditions.
- Peut-on laisser sa voiture plusieurs jours sur une place gratuite ?
- Pas indéfiniment. Le code de la route (article R417-12) considère comme abusif le stationnement ininterrompu au même endroit au-delà de sept jours, ou d'une durée plus courte fixée par arrêté local, sous peine d'amende de 2e classe et de fourrière possible. À Bordeaux, la voirie gratuite est limitée à 24 heures consécutives sur le même emplacement.